Nadia et Alan découvrent un destin pire encore qu'une mort sans fin quand, traversant une portail situé dans l'un des lieux les plus emblématiques de Manhattan, ils se retrouvent plongés dans leurs passés respectifs. S'ils pensent d'abord vivre une folle aventure transgénérationnelle et s'affranchir de toutes les limites, dont celles du temps, le duo se retrouve vite dépassé par ces événements et doit s'entraider pour trouver une issue.

La note de Critique Universe :

Note : 4 sur 5.
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Trois ans après son excellente première saison, Poupée russe fait son grand retour et, encore une fois, Nadia (Natasha Lyonne) est coincée dans une prison psychiatrique métaphysique. Composée de seulement sept épisodes, cette saison n'est pas aussi incroyable que la précédente, mais reste un voyage surréaliste et complètement dingue à travers des sauts quantiques (et non pas des boucles temporelles). Continuer cette histoire était très risqué, et aurait pu devenir un véritable bordel, dans la mesure où la première saison aurait très bien pu être considérée comme une mini-série avec une véritable fin ("véritable fin" reste relatif, dans l'univers de Poupée russe). Heureusement, cette seconde saison souffre à peine des défauts habituels d'une suite qui doit étoffer son fil rouge.

Ceci étant dit, cette saison 2 est aussi bonne qu'on aurait pu l'imaginer, et nous offre assez de bizarreries, de paradoxes temporels et de moments de sincères émotions, pour qu'on accroche. L'histoire est juste un peu plus compliquée à suivre, cette fois, et si vous clignez des yeux, vous pouvez vous perdre. La saison démarre plusieurs années après la précédente. Nadia et Alan (Charlie Barnett) sont parvenus à briser le cycle de mort/recommencement. Par précaution, ils passent tous les deux chacun de leurs anniversaires en confinement, afin de s'assurer qu'ils ne meurent pas ce jour-là et que tout recommence. Sauf que, pour une fois, le jour de son anniversaire, Nadia a décidé de sortir et de prendre le métro. Et l'univers n'a pas tardé à lui faire comprendre qu'elle aurait dû rester chez elle !

Lorsque Nadia sort du métro, New York lui paraît légèrement changé. Avec tout ce qu'elle a vécu, elle n'en fait pas pour autant une montagne. De même, quand, quelques minutes plus tard, elle rencontre un homme dans un bar qui semble la connaître, elle le suit sans problème et s'apprête même à avoir une relation sexuelle avec lui. Pour elle, c'est juste encore une journée étrange de plus. Mais c'est en passant devant un miroir et en se rendant compte qu'elle est en 1982 dans la peau de sa mère Lenora (Chloë Sevigny), qui est enceinte... d'elle-même, qu'elle commence à flipper. Nadia doit alors comprendre ce nouveau puzzle paradoxal et le résoudre.

Mais cette fois, elle n'a plus besoin de comprendre les événements. Elle traite immédiatement tous ceux qu'elle croise comme des personnages de jeux vidéos, sachant pertinemment qu'elle est dans un endroit où elle ne peut pas réellement être affectée. Ça a du sens pour le spectateur, et ça permet d'aller droit à l'essentiel en profitant de l'incohérence de la situation. Nadia se dit immédiatement que c'est une excellente opportunité pour régler le passé trouble de sa mère et de sa grand-mère (Iren Bordan) et, par extension, s'offrir à elle-même une plus belle vie, en mettant la main sur les Krugerrands (des pièces d'or) dont on a appris dans la saison 1 que sa mère les avait tous dépensés en choses futiles. Sa quête de richesse va se transformer en quête pour soigner les blessures de sa famille.

Le métro qui permet de voyager dans le temps n'est pas une prison de la même manière que l'était la boucle temporelle de la première saison. C'est un outil qui va devenir intéressant, car Nadia va découvrir qu'en reprenant le métro en sens inverse en 1982, elle peut revenir en 2022 à loisir. Elle va alors faire des allers-retours pour trouver des indices (ou parfois juste utiliser internet). Et comme le présent lui est facilement accessible, elle ne va pas tarder à mêler Alan à l'histoire et lui demander de l'aide, alors qu'elle tente de trouver le détail qu'il faut modifier pour tout changer. Encore une fois, Nadia et Alan semblent être les seuls affectés par ce métro. Sauf que lorsqu'Alan l'utilise, il n'atterrit pas au même endroit et son histoire est pour une fois moins intéressante. Pour ne pas faire de spoiler, disons simplement que le métro ne va pas que en 1982, et d'ailleurs pas qu'à New York.

La saison trouve un très bon équilibre entre le côté réaliste et le côté cartoon des situations. Nadia n'a plus besoin de comprendre comment se sortir d'une boucle temporelle, mais elle peut désormais utiliser à son avantage une sorte de trou cosmique dans l'univers, et c'est ce qui offre à la saison 2 son originalité. L'histoire évolue également constamment car les priorités de Nadia et Alan changent à chaque nouvel indice découvert, avec des retournements de situation historiques qui changent la façon dont on voit les choses.

Pourtant, comme je l'ai dit, la saison part tellement dans tous les sens que, parfois, on a besoin de faire pause et de se demander si on a bien tout compris. Les épisodes sont courts (moins de 30 minutes) et il se passe beaucoup de choses. Avec son histoire à la Code Quantum, cette saison sait se différencier de la précédente, mais il reste des zones d'ombre. Pourquoi ces événements ne se déclenchent que le jour de l'anniversaire de Nadia et Alan, et qu'ont-ils en commun pour être les seuls affectés ? La saison 1 était parvenue à nous faire oublier cette question, mais on se la pose encore plus maintenant. Peut-être qu'un jour on le comprendra, Natasha Lyonne ayant imaginé la série sur un cycle de trois saisons à l'origine. Il faut juste espérer que Netflix lui laisse la terminer !

Fiche technique
Titre original : Russian Doll
Pays : USA
Année de diffusion : 2022
Genre : Fantastique
Plateforme/Chaine : Netflix
Créée par : Natasha Lyonne, Leslye Headland et Amy Poehler
Nombre d'épisodes et durée : 7 épisodes de 30 minutes (format court)
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