Victor poursuit son introspection afin de discerner non seulement avec qui il a envie d'être, mais surtout qui il a envie d'être. Alors que leur scolarité à Creekwood est sur le point de s'achever et qu'il leur faudra bientôt décider de ce qu'ils feront après le lycée, Victor et ses amis se retrouvent confrontés à une nouvelle série de problèmes qu'ils vont devoir résoudre afin de se donner les meilleurs chances pour l'avenir.

La note de Critique Universe :

Note : 2.5 sur 5.
La note des visiteurs : (votez)

Annoncée comme étant la dernière saison d'une série qui ne veut pas trop tirer sur la corde, cette troisième saison laisse tout de même un arrière-goût de déception. Ce n'est pas un échec total, mais elle ne parvient pas à satisfaire le spectateur, qui pouvait espérer mieux que le traitement qui nous est offert. À l'origine, la série avait su bousculer les clichés. Mais sa simplicité d'exécution se retourne contre elle ici et l'empêche de réellement transcender. Dans la première saison, Victor (Michael Cimino) était encore dans le placard. C'est la seconde saison qui a fait de lui un homo et fier de l'être, dans le contexte d'une famille latino conservatrice. C'est donc surprenant, et frustrant, que cette troisième saison (plus courte que les précédentes) résolve bien trop vite tous les arcs narratifs.

Parce qu'il y a des séries avec des personnages gays et des séries sur l'homosexualité. Les deux saisons précédentes de Love, Victor penchaient totalement vers la seconde catégorie. Même dans les sous-intrigues, Victor était le sujet principal. Mais tout ceci est oublié dans cette nouvelle saison. Le premier épisode, dès ses premières minutes, gâche ce qui avait été mis en place dans le cliffhanger de la saison précédente. On nous avait laissé avec Victor qui devait choisir entre Benji (George Sear) et Rahim (Anthony Keyvan). La saison 2 établissait Rahim comme le petit ami idéal et Benji comme un alcoolique qui avait surtout saoulé le spectateur. Et hop, la saison 3 commence par un Rahim en pleine déception parce que Victor a choisi Benji. Ça n'a aucune logique, tout était fait pour qu'on déteste Benji et qu'on aime Rahim.

On a le même ressenti avec la relation entre Felix (Anthony Turpel) et Pilar (Isabella Ferreira). On voit bien que les scénaristes ne savaient pas quoi faire d'une relation cachée et ont décidé d'y mettre un terme d'une façon complètement idiote. De son côté, Lake (Bebe Wood) explore sa sexualité, mais on a l'impression que c'est juste parce que les scénaristes se sont dit qu'une relation lesbienne serait la bienvenue dans une série queer. Mais là encore, en seulement huit épisodes, c'est compliqué à développer. De leur côté, tout aussi rapidement, les parents de Victor se remettent ensemble et sa mère n'a aucun effort à faire pour ne plus être homophobe. Tout va beaucoup trop vite. Ce n'est plus une série sur un lycéen gay et son expérience à ce sujet, mais c'est devenu une série standard avec un casting bien trop grand.

C'est toujours quand la série se concentre sur Victor et sa famille qu'on y trouve les meilleures scènes. Leur dynamique a changé depuis la première saison, et surtout depuis le coming out de Victor, mais les voir se réunir après s'être déchirés est plaisant. Les parents de Victor vont même tenter de le caser avec un autre adolescent gay de leur église. Cependant, la série a de toute évidence peur des conflits, tout se résout avec une facilité déconcertante. On a un peu perdu le réalisme qu'avait jusque là conservé la série.

À chaque fois que la saison fait un pas en avant, elle fait également deux pas en arrière. Cette saison finale a perdu son énergie, et l'issue de la saison est si prévisible qu'on a même l'impression que les scénaristes tentent d'y arriver le plus vite possible. Honnêtement, oui, Benji était le premier amour de Victor. Mais la saison précédente en a fait un tel idiot face à Rahim qu'on ne comprend toujours pas le choix de Victor. On ne sait même plus quel public est réellement visé ici : les fans de séries pour adolescents ont des options bien plus intéressantes dans d'autres séries, et la communauté lycéenne LGBT+ trouvera une bien meilleure représentation dans Heartstopper sur Netflix. Love, Victor nous quitte discrètement, espérant ne pas trop se faire remarquer. L'opposé de ce qu'est la fierté.

Cette dernière saison se termine tout de même exactement comme se terminait le film Love, Simon : au même endroit, avec le même cliffhanger. On regrette, du coup, que Simon ne fasse pas une petite apparition clin d'œil. C'est une saison qui accumule les sous-intrigues sans aucune connexion émotionnelle, qui veut tout résoudre beaucoup trop vite, et qui aurait eu besoin de durer 10 épisodes, comme les saisons précédentes, pour pouvoir bien tout développer. Il y a tout de même de bons moments, mais malheureusement, on reste sur notre faim à cause d'un Benji (oui, encore lui) mou et inutile, alors que Victor avait Rahim et rencontre même un autre homme, dans cette saison, prêt à tout pour lui... Mais non, les scénaristes veulent absolument que Victor et Benji soient ensemble. L'eau de rose dans l'univers gay.

Fiche technique
Titre original : Love, Victor
Titre québécois : Avec amour, Victor
Pays : USA
Année de diffusion : 2022
Genre : LGBT+
Plateforme/Chaine : Disney+
Créée par : Isaac Aptaker et Elizabeth Berger
Nombre d'épisodes et durée : 8 épisodes de 30 minutes (format court)
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