Titre original : Jaws 2

Quatre ans après les désastres causés par le requin blanc, la station balnéaire d'Amity se remet à vivre. Cependant, deux accidents étranges inquiètent de nouveau Martin Brody, le chef de la police : la découverte du cadavre d'une baleine déchiquetée et la disparition de deux plongeurs qui ne laissent derrière eux qu'un appareil de plongée.


Commençons par un petit détail amusant sur le titre du film. Le titre officiel français est bien Les dents de la mer 2, mais cependant sur les affiches, vous verrez plus souvent Les dents de la mer, 2e partie. Pourquoi les affiches n'utilisent pas le titre officiel, qui apparaît pourtant durant le générique de début du film ? Tout simplement parce qu'au dernier moment, la production a eu peur du jeu de mot. En effet, ils avaient peur que les Français prononcent "Les dents de la merde" (véridique !). Du coup, à l'écrit, vous verrez ainsi 2e partie plutôt que le simple 2 officiel.

Le tournage du premier volet avait été chaotique, avec son requin qui ne fonctionnait pas comme il le fallait, mais ce deuxième épisode n'a rien à lui envier. Steven Spielberg ne souhaitant pas revenir, un premier réalisateur, John D. Hancock, fut engagé. Mais celui-ci s'est avéré incapable de mettre en scène les séquences d'action et a rapidement été remplacé par le Français Jeannot Szwarc. Du côté du casting, Roy Scheider reprend son rôle de Martin Brody, mais uniquement pour mettre fin à son contrat avec Universal, qui l'avait engagé dès le départ pour deux films. Scheider n'y a pas mis du sien durant le tournage : souvent mécontent, il a eu de nombreuses altercations avec le réalisateur pour faire savoir qu'il n'avait pas du tout envie d'être là.

Malgré tout, avec son budget de 30 millions de dollars, le film a rapporté en tout 208 millions de dollars. Ce qui peut paraître une broutille de nos jours a fait de ce film la suite la plus rentable de son époque.Pour le scénario, l'auteur du livre qui a inspiré le premier film, Peter Benchley, a fait une première proposition au studio : raconter l'histoire de Quint lorsqu'il se trouvait à bord de l'USS Indianapolis (ce qu'il raconte durant un long monologue dans le premier épisode), époque à laquelle une majorité de l'équipage a été dévorée par des requins. Mais le studio préfère conserver le contexte des vacances d'été plutôt que de partir sur la Seconde Guerre mondiale. D'ailleurs, si Peter Benchley n'a jamais donné de suite à son roman, un autre auteur, Hank Searls, écrira en 1978 une version romancée du film.

Dans le film, Martin Brody est réellement traumatisé par les événements s'étant déroulés quatre ans plus tôt. Il est incapable de remonter sur un bateau, et même de mettre un pied dans l'eau (ce qui est gênant, puisqu'il habite sur une île). Si, en plus, on ajoute que son fils de 17 ans n'a qu'une obsession — faire de la voile —, ça devient compliqué. D'ailleurs, cette idée que son fils est prêt à lui désobéir juste pour faire de la voile, alors qu'il connaît le traumatisme de son père et a bien compris qu'il y a un nouveau requin dans les parages, c'est assez incompréhensible. C'est un scénario tiré par les cheveux, juste pour pouvoir mettre le gamin en danger.

On notera que la version française possède quelques erreurs historiques dans son doublage. Ainsi, la fameuse baleine trouvée échouée au début du film n'est pas du tout une baleine, mais une orque. L'erreur provient probablement du fait qu'en anglais orque se dit killer whale (baleine tueuse) et que l'équipe qui s'est chargée de la traduction n'a pas fait beaucoup d'efforts. Une autre erreur se trouve dans la version originale et dans le doublage français : quand Martin rentre chez lui après avoir perdu son travail, il appelle son collègue Jeff, alors que celui-ci s'appelle Lenny. Jeff est le nom de l'acteur qui joue Lenny. Ce plan a été conservé dans le montage d'origine et pour une raison inconnue, le doublage a conservé l'erreur à la traduction, alors qu'il aurait été facile de la corriger.

Le personnage de Matt Hooper devait faire également son retour dans cette suite, mais son acteur (Richard Dreyfuss) était au même moment en train de tourner Rencontres du troisième type avec Steven Spielberg. Le scénario suggère alors que Hooper est en mission en Antarctique et qu'il n'a aucun moyen de communication avant plusieurs mois. Autre grand absent de cette suite, c'est bien entendu Quint, que l'histoire ne mentionne carrément pas, alors que c'est un peu grâce à lui si le premier requin est mort. Quant au monstre du film, le requin, il est présent beaucoup trop souvent, n'est plus suggéré, et surtout est en mousse. Je veux dire, réellement. Entre ses dents qui se plient parfois, ou sa tête entière qui se fend en deux lors d'une attaque, le studio n'a même pas cherché à le rendre crédible.

Points positifs

  • On consolide notre traumatisme estival

Points négatifs

  • Le scénario ne tente même plus de développer un peu ses personnages
  • Le requin est trop présent et ses défauts sont trop visibles

Les dents de la mer 2 n'a pas la force de son aîné. Ce n'est pas non plus un mauvais film de requin, mais il ne cherche pas du tout à cacher ses défauts. Ainsi, l'histoire n'a aucune logique et personne ne cherche à comprendre d'où vient ce second requin géant. Parce qu'un grand blanc qui attaque une plage, d'accord. Mais qu'un second grand blanc attaque la même plage avec le même acharnement quelques temps plus tard... personne ne trouve ça étrange ?

La note de Critique Universe :

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