Titre original : ゴジラ2000 ミレニアム (Gojira Nisen: Mireniamu)

L'armée tente encore et toujours de tuer Godzilla, tandis que le professeur Shinoda suit le monstre à la trace pour tenter de percer le secret de son invulnérabilité. Un étrange météore est retrouvé au fond de l'eau et remonté. Le météore ne tarde pas à dévoiler sa vraie nature : un OVNI dont l'occupant s'intéresse de près au pouvoir régénérateur de Godzilla.


C'est fou ce que le désespoir peut vous faire faire face à l'humiliation. En 1995, Godzilla vs Destoroyah nous a été vendu comme le dernier film de Godzilla qui sera produit au Japon, laissant le champ libre aux Américains pour produire ce qui était prévu comme une trilogie. Mais lorsque le Godzilla américain sort en 1998, la Toho a pris comme un affront ce que leur monstre était devenu (ils iront même jusqu'à dire que "Roland Emmerich a enlevé le God de Godzilla"). Le studio japonais a immédiatement rompu son contrat, récupéré les droits de son monstre, et s'est lancé dans la production du premier film d'une nouvelle ère, la série Millennium.

Plutôt que de recréer encore de nouvelles origines au monstre, cet épisode vient établir que le Japon est désormais habitué aux attaques de Godzilla et a même conçu un système capable de prédire le lieu de sa prochaine apparition. Mais la découverte d'un étrange météore dans les fonds marins va apporter une nouvelle menace, car il s'agit en fait d'un vaisseau extraterrestre, celui des Millennians (que pour une fois, on ne verra jamais, leur vaisseau étant leur seule présence à l'écran). Ces Millennians ont la capacité de hacker les systèmes informatiques terrestres et ont ainsi accès à toutes nos connaissances. Mais ce qui les intéresse particulièrement, c'est la capacité régénératrice de Godzilla.

Cette nouvelle ère s'ouvre avec un film sombre, aussi bien dans sa narration que dans son style visuel (le film se déroule en majorité de nuit). Le but était de restaurer le sérieux et la puissance du monstre, qui avaient été atrocement oubliés dans le film américain sorti un an plus tôt. La direction de Takao Okawara, qui signe son quatrième et dernier film de la franchise, atteint des sommets et est visuellement splendide. On pense notamment à l'un des premiers plans du film où l'un des personnages conduit sa voiture de nuit, tentant de fuir le monstre dont la silhouette en arrière-plan se détache sur un ciel orangé. C'est juste sublime. Concernant la place de cette ère dans la franchise, il est rapidement établi que le Godzilla original de 1954 a bien eu lieu, mais rien d'autre. Tous les autres films sont encore une fois effacés, comme c'était déjà le cas au début de l'ère Heisei. On repart donc sur de nouvelles bases.

Godzilla attaque donc le Japon régulièrement depuis 1954, et un groupe chargé de prédire ses futures attaques a été mis en place, baptisé le GPN (Godzilla Prediction Network). Sauf que c'est là que le scénario va un peu tomber à plat : il semble que ce groupe soit composé uniquement de Yuji Shinoda (Takehiro Murata) et sa fille Io (Mayu Suzuki). Un peu étrange comme groupe d'intervention spécial. Par la suite, la journaliste Yuki Ichinose (Naomi Nishida) va être chargée de les suivre, comme s'ils étaient importants, mais sans que ce soit rendu très clair. L'autre problème vient du fait même que Godzilla attaque le Japon régulièrement depuis 45 ans. Dans ce cas, pourquoi les infrastructures japonaises n'ont pas l'air d'avoir été compromises ? Pourquoi il n'y a rien en ruine ? Et pourquoi la population n'a pas évolué pour vivre, pourquoi pas, sous terre ? C'est pas un peu suicidaire de continuer à vivre dans des immeubles de 30 étages si tous les mardis, Godzilla les fait tomber, non ? Aucune de ces questions ne trouvera de réponse. On notera aussi que si le générique du film baptise les extraterrestre Millennians, ce n'est dit à aucun moment dans le film, puisqu'ils n'apparaissent jamais et ne parlent donc avec personne.

Les Millennians vont d'ailleurs utiliser leur technologie et ce qu'ils ont appris sur Godzilla pour créer un monstre en CGI infâme sans aucune texture qui va rapidement muter en une masse difforme nommée Orga, qui combattra Godzilla qui, heureusement, est superbement chorégraphiée et filmée. Mais il faut revenir sur cette CGI. Nous sommes en 1999 et le Japon n'a de toute évidence pas le budget des États-Unis. Tous les effets ont très mal vieilli, mais devaient déjà être moches à l'époque. Cet épisode apporte pour la première fois l'image de synthèse dans un Godzilla japonais, mais aurait dû s'en passer. Aucun des effets n'a de texture et tout semble faux.

Le nouveau costume de Godzilla est intéressant. Il semble plus menaçant que jamais, le visage a vraiment l'air agressif. Cependant, j'ai un petit problème avec ses nouvelles épines dorsales. Elles me semblent beaucoup trop grandes. Le costume d'Orga, dans sa forme finale quand il n'est plus en CGI, est effrayant mais pas vraiment inspiré. Étonnamment, il m'a rappelé quelque chose : j'ai l'impression qu'il pourrait avoir servi d'inspiration pour les Mutos, les ennemis de Godzilla dans le Monsterverse.

Points positifs

  • Godzilla est puissant
  • Le retour

Points négatifs

  • Tous les effets en CGI
  • Orga est peu inspiré
  • L'histoire tient peu la route

Godzilla 2000 : Millennium est un bon film pour ce qui est des monstres, mais une perte de temps pour ce qui est des humains. Il parvient à rétablir l'impression de puissance de Godzilla, mais pour ce qui est de servir de premier film d'une nouvelle ère, c'est très moyen. Au moins, la Toho sera parvenue à avoir son droit de réponse au Godzilla américain, et ce film ayant été un succès au Japon, on ne sera pas étonné de savoir qu'il va donner lieu à cinq suites.

La note de Critique Universe :

Note : 2.5 sur 5.
La note des visiteurs : (votez)
-Publicité-
S’abonner
Notifier de
guest

0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments