Titre original : Orphan: First kill
Titre québécois : L'orpheline : Les origines du mal

2022 - USA - 1h38 - Horreur
Vu au cinéma

Saga : Esther
Esther »

Après avoir orchestré une brillante évasion d'un asile psychiatrique en Estonie, Esther se rend en Amérique où elle se fait passer pour la fille disparue d'un riche couple. Rapidement, son passé sombre et meurtrier refait surface, ce qui l'opposera à un adversaire inattendu.


Sur le papier, cette préquelle réalisée par William Brent Bell semble être un véritable défi. Esther étant morte à la fin du premier film, ce nouvel épisode ne pouvait se dérouler qu'avant. Et surtout, on connaît déjà le grand twist, on sait qu'Esther n'est pas une enfant. Il fallait alors secouer la formule pour trouver comment faire de cet élément une nouveauté. Comment Bell pouvait-il recréer l'ambiance pesante et sombre du premier film quand on en connaît déjà les tenants et aboutissants ? De façon choquante mais intelligente : il ne la recréée pas.

Esther 2 : Les origines remonte donc dans le temps, et cela malgré le fait que son actrice principale, Isabelle Fuhrman, soit désormais plus âgée de 13 ans. Sans aucune CGI, l'actrice est ainsi rajeunie grâce à de simples trucages visuels comme du maquillage, des angles de caméra, un jeu de lumières, ou encore en utilisant simplement une véritable enfant pour les plans où Esther est de dos au milieu des adultes. L'histoire nous transporte en Estonie, où la jeune femme est enfermée dans un asile dans lequel elle est considérée comme la patiente la plus dangereuse. Après une brillante évasion, elle se fait passer pour la fille disparue de Allen (Rossif Sutherland) et Tricia Albright (Julia Stiles) afin d'atteindre le continent américain.

Vous l'avez compris, c'est le même concept que le premier épisode. Pourtant, à la moitié du film, c'est un surprenant retournement de situation qui va se produire. Mais avant cela, on va surtout être subjugué par la facilité avec laquelle Furhman, désormais âgée de 25 ans, parvient à reprendre son rôle d'Esther. On retrouve la même attitude, les mêmes manières, et le tout est rendu encore plus authentique par la réalisation captivante de Bell. C'est un plaisir de retrouver cette fillette qui terrorise et manipule une famille comme une véritable sociopathe en robe rose.

L'histoire prend grand soin de nous montrer les habitudes d'Esther, comme son amour pour la peinture, avant de nous montrer quelle manipulatrice diabolique elle est. Le film parvient à se différencier de son prédécesseur lorsque la façade de la parfaite petite famille se fissure et qu'on découvre la vraie nature de la mère, qui pourrait s'avérer bien plus dangereuse qu'Esther elle-même. L'ambiance du film change alors du tout au tout. Mais en dire plus nécessiterait de spoiler grandement l'histoire, alors on va se retenir. On vous dira juste que le film trouve à ce moment-là un second souffle.

Le film ne fait jamais réellement peur, il n'y a aucun jump scare. Il est légèrement gore au début, mais passera plus pour un thriller qu'un film d'horreur à proprement parler. Pour autant, on passe un moment plutôt agréable car on est surpris : ça aurait été trop facile de voir Esther se contenter de briser à nouveau un mariage, alors ce nouvel épisode décide d'emprunter une autre route, en insufflant une histoire bien plus complexe qui fait passer les personnages autour de la petite tueuse pour des personnes encore pire qu'elle.

Il y a tout de même des défauts, on ne va pas le nier. Le personnage du père de famille, joué par Rossif Sutherland, est incroyablement mou et mal interprété. Il joue de la même manière la joie d'avoir retrouvé sa fille et une incroyable dépression. Le final du film semble de son côté trop précipité, au vu de ce qui est établi durant les minutes qui précèdent. Le résultat du carnage commis par Esther n'est pas satisfaisant, on aurait limite préféré un véritable bain de sang, pour montrer à quel point elle est dangereuse avant l'épisode suivant.

Points positifs

  • Le retournement de situation à mi-chemin
  • Les techniques pour que Furhman paraisse toujours aussi jeune
  • La plupart des personnages bien écrits

Points négatifs

  • On sait déjà qui vit et qui meurt, puisque c'est une préquelle
  • Dans le fond, ça reste une histoire similaire
  • Le père, qui est incroyablement mou

Esther 2 : Les origines justifie tout de même son existence par le simple fait qu'il surpasse nos attentes. Isabelle Furhman se glisse à nouveau avec une facilité déconcertante dans la peau de la jeune psychopathe et nous offre une vision de son arrivée en Amérique. C'est quand le film atteint son twist à mi-chemin qu'il devient réellement passionnant et qu'il parvient même à surpasser l'original.

La note de Critique Universe :

Note : 3 sur 5.
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