Fiche technique
Testé sur : PlayStation 4 Pro
Egalement disponible sur : PC
Editeur / Développeur : Sony Entertainment / Bend Studios
Genre : Survival horror
Nombre de joueurs : 1
Nombre de joueurs en ligne : pas de mode en ligne

Lors de sa première présentation à l'E3, le jeu avait de quoi faire rêver en nous promettant de renouveler le genre de l'open world dans une apocalypse zombie. Enfin, ici, les zombies sont plutôt des mutants, et donc se rapprochent plus de l'univers de "The Last of Us". Et après de nombreux reports, le jeu sort enfin et inflige une déception : scénario poussif, construction classique, technique défaillante... "Days Gone" ne tient aucune de ses promesses.

Le scénario essaye par tous les moyens de faire naître l'émotion mais n'y arrive jamais. La faute à une construction de l'histoire à la ramasse qui éclate son scénario en plusieurs petites briques qui s'emboitent les unes dans les autres. Les missions principales et secondaires se retrouvent dispersées dans le désordre, ne vous permettant jamais de réellement suivre une ligne conductrice. On passe aléatoirement d'une histoire à l'autre avant de revenir à la première, chaque mission terminée augmentant le pourcentage de complétion de ce bout de l'histoire, mais aussi des quêtes annexes, sans qu'on sache vraiment pourquoi. C'est brouillon. En voulant laisser le choix aux joueurs, les développeurs se sont perdus.

Le jeu possède une map assez grande sur laquelle on trouvera des objets à récupérer et quelques événements aléatoires pour pimenter les déplacements. Comme votre moto n'a pas une quantité d'essence infinie, il sera bon de découvrir aussi sur la carte les camps alliés qui vous permettront de vous ravitailler, acheter des améliorations, et vous reposer. À mesure que vous effectuerez des missions pour chaque camp, vous augmenterez la jauge de confiance et débloquerez davantage de matériel. Chaque mission fera également monter votre jauge d'XP pour débloquer des compétences.

Mais arrivent les premières déceptions. Toutes les missions se ressemblent, on passe plus de temps à vider des camps ennemis ou des nids de mutants qu'à faire autre chose. Et on s'en lasse très vite, d'autant que l'IA des humains et des mutants est très limitée. Pendant l'action, il est possible de changer d'arme grâce à un menu radial qui n'est pas du tout pratique d'utilisation, nous faisant sélectionner fréquemment la mauvaise arme. Parfois, c'est le personnage qui décidera qu'il a envie de sortir une arme que vous ne vouliez pas, vous forçant à repasser par ce menu et vous faisant perdre du temps, surtout en plein combat. Il arrive aussi parfois qu'on ait besoin d'effectuer des courses poursuites, mais la maniabilité de la moto de notre héros étant quasiment nulle, tirer tout en conduisant s'avérera un véritable exercice de style.

Durant sa présentation à l'E3, le jeu avait impressionné les joueurs à cause d'une séquence dans une scierie où notre héros était poursuivi par des centaines de mutants. Sauf que ce que ne disait pas les développeurs à l'époque, c'est que cette séquence n'était pas basée sur la version finale du jeu. La PlayStation 4, même la Pro, ne permettent pas ce type de hordes. Les limitations techniques font que dans le jeu final, cette même séquence se limite à... une petite vingtaine de mutants, voire moins. Et ce sera comme ça durant tout le jeu, où non seulement les mutants sont nombreux, mais aussi dispersés, et surtout scriptés. Il arrive régulièrement qu'on parcoure toute une zone sans aucun mutant et soudain, la zone est envahie parce qu'une mission a démarré au même endroit. Certaines missions vous demanderont toutefois d'affronter les fameuses hordes de soit-disant 100, voire même 300, mutants à la fois. Sauf qu'on s'aperçoit bien vite que la console n'en affiche qu'une trentaine à la fois par des petits tours de passe-passe (la horde est en partie cachée par le décor, par exemple) et au fur et à mesure que vous en tuez, elle en génère d'autres, jusqu'à ce que vous ayez tué le nombre requis. En gros, c'est une "fausse horde" mais que la console parvient à gérer.

Le jeu souffre aussi d'un problème de clipping, les objets ayant tendance à popper sur votre chemin. Les textures des décors, déjà pauvres de base, ont également tendance à être ultra-basiques sur les décors lointains, ce qui se voit facilement sur nos captures, surtout celle ci-dessus. Plus un objet est loin de la caméra, plus sa texture est pauvre. Ce qui est normal, mais ici c'est flagrant tant certaines montagnes au loin ont l'air lisses. Mais le pire, ce sont les temps de chargement. À chaque fois qu'on allume le jeu, on a droit à un premier temps de chargement plutôt long (vous voyez le temps de chargement au lancement de GTA ?) qui sert... uniquement à afficher le titre du jeu ! Une fois le titre apparu, on clique pour démarrer le jeu et là, on a droit à un nouveau temps de chargement de la même durée ! Oui, le premier temps de chargement super long ne servait qu'à afficher le titre du jeu ! Et ce n'est pas fini puisque avant ET après chaque cinématique, il y a un temps de chargement et un écran noir. Ce qui vient totalement casser le rythme du jeu. Il a besoin d'un temps de chargement pour lancer la cinématique, puis un temps de chargement pour nous ramener en jeu, c'est du jamais vu ! "Days Gone" a pourtant bénéficié d'un patch de 21Go dès sa sorti pour corriger des bugs, mais il en a encore beaucoup trop.

Points positifs

  • Une map assez grande
  • Des effets de lumière et une météo bien rendus
  • Une bonne durée de vie (50 heures environ)

Points négatifs

  • Un clipping prononcé
  • Un système de scénarios imbriqués peu intéressant
  • Des textures qui s'affichent en retard
  • De longs temps de chargement
  • Le chargement avant et après chaque cinématique qui casse le rythme
  • La conduite à moto et la gestion de l'essence
  • L'IA des ennemis

C'est le syndrome "Watch Dogs" : le jeu a voulu nous en mettre plein les yeux à l'E3 en nous montrant des choses que les développeurs ne sont, au final, pas capables de reproduire dans le jeu. Une narration brouillonne et des bugs à foison font qu'on prend moins de plaisir qu'on aurait voulu avec "Days Gone". Mais les gamers les plus acharnés, qui veulent du défi et une vraie ambiance de survie, y trouveront probablement leur compte. Sauf qu'il ne s'agit pas de la majorité visée par le jeu à l'origine. Tout ça aurait pu être une erreur de jeunesse pour Bend Studio si ça avait été leur premier jeu... mais ils sont dans l'industrie depuis 1994 et sont les créateurs de la licence "Syphon Filter". Difficile, du coup, de ne pas leur en tenir rigueur.

La note de Critique Universe :

Note : 2 sur 5.
La note des visiteurs : (votez)

Toutes les captures d'écran de cette critiques ont été prises par nos soins sur une PlayStation 4 Pro.

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