Titre original : Cruella

2021 - USA - 2h17 - Thriller/Comédie
Vu en avant-première

Estella Miller est une enfant créative avec un talent pour la mode. En chemin pour déménager à Londres, sa mère s'arrête chez la baronne von Hellman, une créatrice de mode où Estella est témoin du meurtre de sa mère, poussée d'une falaise par les dalmatiens de la baronne. Dix ans plus tard, orpheline, Estella s'est liée d'amitié avec deux malfrats, Jasper et Horace. Elle décroche un emploi chez la baronne dans le but de se rapprocher d'elle mais leur relation va déclencher une série d'événements qui vont donner naissance à la part sombre d'Estella : Cruella d'Enfer.

Cruella a toujours été l'un des méchants de Disney les plus fascinants. Grande créatrice de mode obsédée par les dalmatiens, on a toujours manqué de background à son sujet. L'idée d'un film qui lui est consacré dans le cadre des films solos sur les méchants de Disney est donc une très bonne idée. Et le visionnage de la bande-annonce mettait vraiment en confiance. Déjà disponible sur Disney+ aux USA, mais prévu pour une sortie en France fin juin seulement, nous avons pu le voir en avant-première.

Et une chose est sûre, on tient là un excellent film. Autant annoncer la couleur dès le départ. Tourné comme un mélange de comédie et de thriller ancré dans les années 60-70, le mix fonctionne à merveille et on croit totalement à cette aventure. Le film est tout ce à quoi on pouvait s'attendre et bien plus encore. Car même si Cruella est méchante depuis son enfance, elle sait se contenir et pendant des années, va cacher cette part sombre. Il faudra alors un méchant encore plus méchant qu'elle pour créer Cruella telle qu'on la connait.

Et la baronne entre en scène à cet instant. Le film pourrait alors se transformer en "Diable s'habille en Prada" s'il n'y avait pas la vengeance, mais surtout la folie de la baronne et de Cruella. En caractère elles sont vraiment opposées. La baronne reste impassible à tout moment là où Cruella est une explosion d'émotions et d'expressions constante. S'affrontant au début à coup de haute couture, la lutte deviendra plus viscérale quand Cruella apprendra la véritable identité de la baronne, et la cause de la mort de sa mère.

Le film est réalisé par Craig Gillespie qui maitrise parfaitement son sujet. La réalisation est impeccable et même impressionnante par moments. Je ne m'attendais vraiment pas à une telle qualité dans le choix des angles et la narration. C'est un plaisir pour les yeux. Le scénario est admirablement bien écrit et on ne voit pas du tout passer les 2h17 de ce film ! Le seul petit truc qui dérange ce sont les chiens qui, parfois, sont en images de synthèse. Mais de haute qualité ! Cependant, étant la plupart du film de vrais chiens, les plans en images de synthèse se remarquent quand même.

Au casting, évidemment, Emma Stone est une parfaite Cruella. Brillante, elle se fait plaisir dans ce rôle et ça se sent. Elle excelle dans ce personnage schizophrène. Emma Thompson joue la baronne et on lui connait beaucoup de rôles sérieux mais là elle atteint la quintessence de l'impassibilité. Jasper et Horace sont joués par Joel Fry et Paul Walter Hauser, peu connus, mais à mon sens le casting idéal pour ces rôles. Ils forment un duo parfait. Mark Strong est le bras droit de la baronne et il n'y a pas besoin de présenter cet incroyable acteur au CV beaucoup trop long pour être cité. Enfin, Anita et Roger sont bien présents mais leur origine a été modifiée. Et c'est un changement peu choquant et intéressant.

Mais l'équipe technique n'est pas en reste car il faut saluer la responsable des costumes. Dans ce genre de film basé sur la mode, faire ressortir le caractère d'un personnage dans ses vêtements est essentiel et les gardes-robes sont incroyables. De même que les décors. Pour une fois, on n'a pas affaire à des fonds verts comme pour "Maléfique" et ce Londres réaliste est donc bien plus impressionnant. On n'oublie pas la célèbre voiture de Cruella qui fait bien son apparition dans ce film. Enfin, la bande-son est également parfaite, avec une grande floppée de tubes pop des années 65-75 qui collent parfaitement au film.

Cruella, le personnage comme le film, est une superbe réussite. Craig Gillespie peut être fier de son oeuvre et on sait que les deux actrices principales ont déjà fait savoir leur désir de revenir pour une suite, qui pourrait aussi bien être une réécriture des "101 dalmatiens" qu'un film qui se passerait entre les deux histoires. A noter qu'une scène supplémentaire est disponible au milieu du générique, alors ne bougez pas de votre fauteuil !

Drôle, intrigant, fascinant, ce film s'est fait attendre mais s'avère au final être une excellente surprise. J'aurai pu enlever une demi-étoile pour les chiens en images de synthèse, mais même eux parviennent à apporter un plus (notamment pour effectuer des choses trop dangereuses pour des vrais chiens). Une véritable réussite.

La note de Critique Universe :

Note : 5 sur 5.
La note des visiteurs : (votez)
-Publicité-
S’abonner
Notifier de
guest

2 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments